Choisir son île, son usage et son budget en 2026
Avant de tomber amoureux d’une crique turquoise, commencez par trois questions simples :
- Quel sera l’usage principal du bien (résidence secondaire, télétravail, investissement locatif, futur lieu de retraite) ?
- Combien de semaines par an comptez-vous y passer réellement ?
- Quel budget global (achat + frais + travaux + charges) êtes-vous prêt à engager sans vous mettre sous pression ?
Les réponses orienteront naturellement le choix de l’île. Chaque marché baléare a sa logique, ses prix et ses contraintes administratives. Mieux vaut les intégrer dès le départ 😉.
Majorque : liquidité et services (Palma, nord-ouest patrimonial)
Majorque est l’île la plus polyvalente pour un projet immobilier. Elle combine :
- une vraie capitale régionale, Palma, avec hôpitaux, écoles internationales, culture et aéroport très bien connecté ;
- des zones très patrimoniales au nord-ouest (Deià, Sóller, Valldemossa) recherchées par une clientèle internationale installée de longue date ;
- des marchés plus familiaux ou accessibles dans le centre de l’île ou certaines stations balnéaires.
Pour un acheteur qui cherche :
- de la liquidité (facilité à revendre) ;
- des services ouverts toute l’année ;
- un bon équilibre entre vie locale et fréquentation touristique,
Majorque est souvent le meilleur compromis.
Palma, en particulier, convient bien :
- aux télétravailleurs souhaitant un appartement urbain avec vol direct vers l’Europe ;
- aux investisseurs visant une location de moyenne durée (réglementée) plutôt que du pur saisonnier ;
- aux retraités prudents qui souhaitent rester proches des soins et des services.
Selon les données récentes issues de Green Acres, l’immobilier à Palma de Majorque, montre en moyenne un budget autour de 385 000 € pour des surfaces généreuses (environ 137 m²), ce qui en fait une porte d’entrée intéressante pour un projet à l’année ou de semi-installation.
Le nord-ouest, plus patrimonial, attire plutôt :
- les acheteurs à horizon long terme, sensibles au paysage et au charme des villages ;
- les budgets déjà solides, capables d’absorber des prix élevés et des coûts d’entretien importants (maisons anciennes, terrains escarpés).
Ibiza-Formentera : haut de gamme, budgets très élevés
Ibiza et Formentera se situent clairement dans un marché haut de gamme, voire ultra-prime pour certains secteurs. Les prix y sont nettement supérieurs à la moyenne des Baléares, avec :
- une demande internationale forte et fidélisée ;
- une offre limitée, surtout pour les villas bien situées avec vue mer ou accès rapide aux plages ;
- une forte pression sur les terrains et les permis de construire.
Ces îles conviennent surtout aux profils suivants :
- acheteurs recherchant une villa de prestige, avec ou sans perspective locative ;
- investisseurs très aisés visant un actif rare, susceptible de bien préserver sa valeur à long terme ;
- personnes qui connaissent déjà bien l’île et son rythme, et qui souhaitent y revenir régulièrement.
Il faut cependant accepter :
- des budgets d’acquisition très élevés (et des frais annexes en conséquence) ;
- une vie plus saisonnière dans certains secteurs, très animés l’été, beaucoup plus calmes hors saison ;
- une concurrence forte pour les biens de qualité, avec des délais de décision parfois courts.
Formentera, encore plus rare, est plutôt un marché de collectionneurs : peu d’offres, beaucoup de demandes, des prix soutenus et un environnement extrêmement protégé.
Minorque : résidences secondaires familiales, rythme annuel plus doux
Minorque propose un visage très différent des deux autres grandes îles :
- un rythme plus posé, une ambiance plus familiale ;
- moins de pression immobilière, même si les prix ont monté ces dernières années ;
- un patrimoine naturel et côtier très préservé, avec moins de grandes infrastructures.
C’est une bonne option si vous cherchez :
- une résidence secondaire pour vous et vos proches ;
- un environnement plus calme, loin des soirées très festives ;
- un coût global de vie et d’entretien potentiellement plus raisonnable qu’à Ibiza.
Minorque convient bien :
- aux familles qui veulent revenir chaque année au même endroit ;
- aux acheteurs sensibles à la nature et aux paysages plutôt qu’à la vie nocturne ;
- à ceux qui privilégient une vie de village ou de petite ville.
En contrepartie, la liquidité à la revente peut être un peu moindre que sur Majorque ou Ibiza, tout simplement parce que la demande est plus ciblée. Il est donc important de sélectionner un emplacement solide : proximité des services, accès aux plages, bonne desserte.
Qui achète aux Baléares : un marché résolument international
Quel que soit votre choix d’île, vous entrez dans un marché très internationalisé. D’après les données de Green Acres pour l’ensemble des îles Baléares, les acheteurs étrangers les plus actifs sont les Français (environ 20 % des demandes), suivis par les Suisses (13 %), les Britanniques (11 %) et les Italiens (10 %), devant les Allemands et les Américains.
Les budgets médians restent élevés : la clientèle suisse se positionne par exemple autour de 755 000 € pour des biens d’une centaine de mètres carrés, tandis que les acheteurs allemands montent fréquemment au-delà du million d’euros pour de grandes villas familiales. Cette profondeur de la demande internationale contribue à soutenir les prix et à assurer, sur les bons emplacements, une certaine liquidité à la revente.
Points d’entrée et vigilance
Une fois votre île ciblée, reste à trouver le bon point d’entrée sur le marché… sans oublier les sujets plus techniques. Un beau décor peut parfois masquer une copropriété mal gérée ou des règles d’usage contraignantes.
Référence 5 090 €/m² ; vérifier charges, travaux et règles d’usage
Les statistiques récentes donnent une référence d’environ 5 090 €/m² pour l’immobilier aux Baléares, toutes situations confondues. Mais c’est une moyenne : elle cache de grands écarts entre :
- les zones urbaines bien desservies (Palma, certains quartiers d’Ibiza) ;
- les villages recherchés du nord-ouest majorquin ;
- les secteurs plus périphériques ou plus familiaux.
Pour sécuriser votre achat, quelques réflexes sont essentiels :
- analyser les charges de copropriété : entretien des parties communes, piscine, jardin, gardiennage, syndic ;
- anticiper les travaux à venir (façade, étanchéité, ascenseur, rénovation énergétique) et leur coût probable ;
- vérifier les règles d’usage : location touristique autorisée ou non, durée minimale des locations, règles de la communauté de propriétaires.
Sur certaines îles ou dans certaines municipalités, la location saisonnière de courte durée est très encadrée, parfois interdite en immeuble collectif. Si votre projet repose sur des revenus locatifs, cette vérification n’est pas négociable.
En complément, prévoyez dès le début :
- les frais d’achat (notaire, impôts, intermédiaires) ;
- la fiscalité locale sur la propriété ;
- les coûts de gestion si vous faites appel à un prestataire sur place.
Saisonnalité et disponibilité hors été : arbitrer selon le projet
Les Baléares vivent clairement au rythme des saisons. Pour bien acheter, il faut vous demander non seulement combien vaut le bien, mais aussi quand vous pourrez réellement en profiter.
Quelques points à observer avant de choisir votre île :
- Ouverture des commerces et restaurants hors été : certains villages se vident en hiver, d’autres restent actifs.
- Fréquence des vols et liaisons maritimes en basse saison : plus généreuses sur Majorque, parfois réduites pour Minorque ou Ibiza.
- Niveau d’animation que vous souhaitez en automne et au printemps : calme total, vie locale modérée, ou animation touristique continue.
Selon votre projet, les arbitrages changent :
- Pour un pied-à-terre à l’année avec quelques séjours hors été, Majorque (et surtout Palma) offre la meilleure continuité de services.
- Pour un usage purement estival, Ibiza-Formentera ou certains secteurs balnéaires de Minorque peuvent suffire, en acceptant la saisonnalité.
- Pour un projet de semi-installation (plusieurs mois par an), il faut regarder de près : écoles, médecins, commerces ouverts, transports, mais aussi voisinage permanent.
Un bon réflexe consiste à visiter l’île et les quartiers ciblés hors saison, même brièvement. Cela donne une image plus juste de la vie réelle sur place, loin des cartes postales estivales 🌞.