Dans quel secteur intervenez-vous et qu’est-ce qui fait la singularité de votre marché ?
Je travaille principalement sur Seillans et les villages alentour du haut Var : Fayence, Callian, Montauroux, Bargemon… C’est un secteur rural et vallonné, très recherché pour son authenticité provençale.
On y trouve beaucoup de mas et de maisons de caractère en pierre, souvent implantés sur de grands terrains, avec des vues dégagées sur la campagne et les villages perchés. C’est un cadre de vie typique, préservé, qui attire autant les amoureux de la Provence que les personnes en quête de calme, loin de l’agitation des grandes villes et du littoral.
Quels types de projets immobiliers fonctionnent le mieux actuellement dans votre région ?
Les projets qui fonctionnent le mieux en ce moment sont les résidences principales de familles qui quittent la région parisienne ou la Côte d’Azur. Elles recherchent un cadre de vie plus paisible, avec la possibilité de télétravailler tout en profitant d’un environnement naturel et d’écoles à proximité.
L’investissement locatif a aussi le vent en poupe, surtout sur les petites maisons de village bien situées, proches des commerces et des services. Ce sont des biens très demandés pour de la location saisonnière type gîte, car la région est touristique toute l’année, avec une forte attractivité du printemps à l’automne.
À typologie et localisation comparables, quels critères font vraiment varier la valeur d’un bien ?
Dans notre secteur, certains critères peuvent créer des écarts de prix très importants entre deux biens pourtant similaires sur le papier.
La vue dégagée et l’absence de vis-à-vis sont des éléments majeurs : une maison dominante, sans nuisance visuelle, se valorise nettement mieux. L’exposition sud joue aussi un rôle clé, car elle garantit une luminosité et un confort de vie recherchés.
La présence d’une piscine déjà existante est un vrai plus, à la fois en termes d’usage et de coût, puisqu’elle évite aux acquéreurs d’engager des travaux souvent lourds et réglementés. Enfin, dans nos villages perchés, l’accès en voiture toute l’année, sans risque d’enclavement l’hiver, est un critère très important : un chemin difficile, étroit ou mal entretenu peut freiner des acheteurs et impacter le prix.
Qui sont vos principaux acheteurs et comment se distinguent leurs attentes ?
Ma clientèle est assez mixte. Je travaille avec beaucoup de Parisiens et de Belges, qui achètent soit en résidence secondaire, soit en résidence principale dans une logique de changement de vie.
Je reçois également des acheteurs étrangers, notamment anglo-saxons et néerlandais. Ils recherchent plutôt de grandes propriétés avec du terrain, parfois plusieurs hectares, pour profiter de la nature, de la tranquillité et du climat. Ils disposent en général d’un budget plus élevé, mais leurs délais de décision sont plus longs : ils planifient souvent plusieurs séjours de repérage et de visites avant de s’engager définitivement.
Quelles erreurs les acheteurs commettent-ils le plus souvent dans votre secteur ?
L’erreur la plus fréquente concerne la sous-estimation des travaux de rénovation sur les vieilles bâtisses en pierre. Elles ont beaucoup de charme, mais peuvent nécessiter des mises aux normes importantes, notamment au niveau de l’assainissement individuel, qui est très réglementé dans le haut Var.
Je recommande également de bien vérifier l’accès en hiver : certains chemins peuvent devenir difficiles quand il pleut beaucoup. De même, il est important de se renseigner sur le débit d’eau en été. Dans certains hameaux isolés, il peut y avoir des restrictions ou des pressions d’eau insuffisantes, ce qui a un impact direct sur le confort au quotidien.
Prendre le temps de se projeter sur les quatre saisons, et pas seulement sur un coup de cœur estival, est vraiment essentiel.
Qu’est-ce qui caractérise votre manière d’accompagner vos clients ?
Ce qui me tient le plus à cœur, c’est le conseil personnalisé sur le long terme. Je ne me limite pas à la transaction : j’accompagne mes clients avant, pendant et après l’achat.
Je reste disponible bien après la signature pour les orienter vers des artisans, répondre à leurs questions sur la réglementation locale ou simplement les aider à s’intégrer dans la vie du village. Dans une région comme la nôtre, où beaucoup d’acheteurs arrivent d’ailleurs, cette continuité de l’accompagnement fait vraiment la différence.